Bien plus qu’une histoire d’amour

Cette histoire relate plutôt la fin d’une belle et longue amitié alors j’ai voulu la partager avec vous, même si cela est plutôt triste, ce garçon aura été mon étoile, un raz de marée dans ma vie, il a fait de moi la personne la plus heureuse du monde grâce à son énergie et son courage.
Pour la petite anecdote, nous nous sommes rencontrés à l’école primaire, j’avais pas vraiment de copains et il était chez les plus grands, il ma demandé de jouer à la marelle avec lui, j’ai dit évidement « oui » et tout à commencé là

Thibault.

C’était un mercredi, un mercredi comme les autres ; le temps était frais, le vent lui glaçait le sang mais peut importe elle s’en moquait : il était là.
Thibault l’a protégeait de tout, quand il était présent rien ne pouvait l’atteindre, elle était intouchable, même le vent glacial de Février lui semblait innocent.
Quoi qu’il fasse, quoi qu’il dise il avait sur elle une étrange emprise, il lui permettait d’être heureuse et d’être d’une certaine façon unique aux yeux d’au moins une personne : lui.
Elle n’imaginait pas sa vie sans lui, il était son meilleur ami et même si un jour le monde se liguait contre elle, elle savait bien qu’il serait toujours là, marchant à ses côtés, près d’elle, la rassurant.
Alors ce mercredi là, elle n’imaginait pas une seule seconde qu’elle le verrait pour la toute dernière fois, que le regarder dans les yeux, le prendre dans ses bras serait définitivement terminé. C’était comme si le monde allait s’évanouir dans quelques heures sans qu’elle ne puisse rien faire, sans qu’elle ne puisse rien dire et elle n’avait surement aucun moyen d’atteindre l’heure de la mort.
C’était un jour comme les précédents, il n’avait aucunement une importance différente ; ils s’étaient tous les deux levés le matin, ils avaient déjeuné, ils s’étaient préparés tranquillement comme à chaque périodes de vacances.
Son père venait de rentrer dans l’appartement, celui-ci peu spacieux et sombre, faisait ressentir l’atmosphère qui régnait ici depuis bien trop longtemps. Ce milieu qu’il avait subit depuis dix-sept ans, avec lequel il avait vécu chaque minute, chaque heure du début de sa vie. C’était son père tout de même, son père qui tentait tant bien que mal de lui enlever l’envi de vivre, de sourire. Ce qu’il ne comprenait pas c’est qu’elle était là pour lui, que jamais elle ne l’abandonnerait, jamais plus elle ne voulait ressentir ce manque de lui qu’elle éprouvait quand ils se disputaient, c’était terminé.
Il lança à son fils de nombreux pics comme à son habitude, mais Thibault senti le regard de sa meilleure amie sur lui, sa façon bien à elle de lui dire qu’un jour tout cela serai fini, qu’il allait avoir la vie dont il rêvait.
Ils sortirent de l’infâme appartement, il passa son bras sur l’épaule de son amie qui souriant lui dit :
« – Tu verras, ça ira ! »
Il avait tant confiance en elle, il l’embrassa tendrement sur la joue pour la remercier d’être une amie aussi merveilleuse. Se vantant de savoir qu’elle l’était, ils se mirent à rire ensemble pendant un long moment.
Quelques minutes après, ils marchèrent en direction du cabinet médical, Thibault se mit à tapoter les poches de son pantalon à pinces, à fouiller dans les poches de sa veste :
« – J’ai oublié mon porte feuille à la maison ! Continus je te rejoins très vite. A tout à l’heure ! »
Elle le regarda partir et poursuivi sa route pensant légèrement à la soirée qu’il allait passer ce soir devant la télévision en mangeant chinois, un mercredi de vacances parfait se disait-elle.
Elle poussa la porte de son médecin et prit place sur la chaise près de la fenêtre, dans la salle d’attente se trouvait déjà deux personne, un homme assez grand qui entremêlait ses doigts les uns avec les autres et une jeune femme enceinte.
Un peu impatiente, elle regarda sa montre, déjà plus de vingt minutes qu’il devrait être là, le cabinet n’était pas très loin de chez lui, elle ne s’inquiéta pas d’avantage pensant simplement qu’il devait traîner les pieds.
Son rendez-vous se termina, elle avait essayé de l’appeler plusieurs fois en vain, elle décida donc de patienter sur le perron du cabinet.
Son téléphone sonna.
C’était la mère de Thibault, c’était peu courant qu’elle lui téléphone, elle décrocha tout de même en souriant :
« – Bonjour Madame ! Justement j’attends Thibault ! »
Le téléphone glissa de son oreille, le son de sa voix il était comme transpercé de douleur, d’horreur, alors elle comprit et elle s’en voulait tellement de ne pas y avoir pensé plus tôt, si il n’était pas là ce n’était pas parce qu’il était en retard ou qu’il prenait son temps. Il s’était passé quelque chose, quelque chose de grave qui changerai le cours de sa vie, de celle de sa mère et du reste de leurs amis.
Son souffle se coupa, elle n’arriva plus a respirer ni a parler, ses mots se brouillaient, s’entremêlaient, elle avait perdu pied : il était à l’hôpital.
Ces mots avaient sonnés comme une bombe dans sa tête : « – Il ne va pas bien du tout. » Elle pensa à Maxime, qu’allait-elle lui dire, c’était son meilleur ami, il était comme son frère.
Désemparée, elle se leva tel un robot, elle marcha jusqu’à chez Maxime et assona trois coup à la porte. Il ouvrit la porte « – Bonjour toi, t’en fais une tête, il y a un mort ? » Avait-il vraiment fait attention à ce qu’il venait de dire ?
Elle lui expliqua en détails la dernière heure qu’elle venait de vivre et c’est accompagné du père de Maxime qu’ils se rendirent à l’hôpital.

Une semaine plus tard

« - Bonjour toi, je me suis dit que ça te ferai plaisir quelques petits cadeaux pour la saint Valentin ! Alors voilà, j’ai vraiment des idées idiotes parfois ! »
Déjà sept jours qu’il ne se réveillait pas, sept jours qu’elle allait le voir tout les jours le plus possible, priant qu’il ouvre les yeux.
« - J’ai tellement besoin de toi, tu le sais n’est-ce pas ? J’ai toujours eu besoin de toi et ça ne changera jamais alors me lâche pas parce que je t’assure que si tu m’abandonnes plus jamais je ne serai ton amie ! »
Le médecin disait qu’il était sur la bonne voie, qu’il était courageux et fort, dans sa tête elle se disait qu’elle le savait bien tout ça ; il avait dit que ça irai, ce médecin, qu’il suffisait juste qu’il se décide à lever les paupières !
Elle était près de lui, elle posa sa main sur la sienne comme pour lui montrer qu’elle était là, elle pensait à ce qu’elle lui dirait quand il reviendrait à lui, elle lui avouerai alors qu’elle avait rencontré un garçon et qu’elle allait l’aimer, elle voulait partager avec lui tout ce qui la rendait heureuse.
Un bruit strident fit irruption dans la chambre, d’où venait-il ? Elle ne savait pas, mais elle avait peur « – Arrêt cardiaque ! » cria une infirmière, une autre la poussa hors de la chambre, restant collé à la porte elle frappait sur celle-ci, suppliant qu’on le sauve, qu’on le fasse revenir pour elle, pour sa mère !
Mais le médecin s’approcha d’elle, son visage montrait clairement sa déception :
« – Je suis désolé mademoiselle. »
Mais elle ne l’écoutait déjà plus, elle comprit, il était mort. Pourtant il lui avait dit qu’il était sur la bonne voie, qu’il pouvait s’en sortir. A-t-il tout fait lui de son côté pour revenir près d’elle, elle espérait tant qu’il n’est pas arrêté de se battre.
A terre, elle n’en revenait pas, ça semblait impossible, invraisemblable, il ne pouvait pas disparaître de cette manière, aussi rapidement.
Son cœur ne battait plus, elle avait arrêté de vivre, elle était morte avec lui.

Commentaires (3)

  1. flo, le 24 mars 2011

    Je trouve que c’est bien écrit, sensible, à fleur de peau, ta tristesse est palpable Marion. J’ai aussi perdu quelqu’un de très proche il y a moins d’un an, c’est bouleversant, je pense que ça nous change définitivement. J’y pense tous les jours, cette disparition me hante.
    Depuis cette expérience tragique je garde un œil lucide sur les choses futiles de l’existence, notre fragilité, et je dévore les instants de bonheur, comme regarder ma fille s’éveiller à la vie.

  2. MarionL, le 28 mars 2011

    Merci beaucoup Flo, je comprend tout à fait ce sentiment de devoir profiter de chaque petits détails de la vie, c’est ce que je fais depuis maintenant quatre ans et je continuerai encore et encore à vivre pour « deux ».

  3. Angela, le 24 avril 2012

    Incroyablement touchant. Je ne sais pas vraiment quoi dire (Les mots me manquent). J’ai également un meilleur ami avec qui je vis quelque chose de très fort et j’espère que je n’aurai jamais à subir une aussi douloureuse blessure que celle de le perdre. Pis encore, d’assister à ce sommeil, chaque jour, le suppliant de se réveiller pour vivre encore un peu avec nous, de le sentir mourir de l’autre côté de la porte, et de repenser au matin où, dans l’innocence, nous nous étions demandé quel film nous allions voire le soir-même à ses côtés. Ce genre d’histoire est d’autant plus difficile à lire lorsqu’on sait parfaitement que l’on pourrait la vivre. Triste pour toi Marion, belle histoire, texte bien écrit et remplis d’émotions.
    Bon courage Miss ;) .

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